Choisit-on vraiment sa trajectoire professionnelle ?

Philippe Viraye

3/25/20262 min read

Dans un précédent texte, j’explorais la manière dont une parole, parfois ancienne, pouvait orienter une trajectoire.

Si ce texte était intime, la dynamique qu’il décrit dépasse largement le cadre personnel.

Dans le monde professionnel, cette question prend une forme particulière.

Car toutes les trajectoires ne se construisent pas toujours à partir de choix rationnels.

Des trajectoires cohérentes… vraiment ?

Certaines personnes :

  • s’investissent fortement

  • réussissent

  • progressent de manière continue

Leur parcours est structuré, souvent valorisé. Et pourtant, une question peut être posée :

qu’est-ce qui oriente concrètement cette dynamique ?

En effet, derrière la cohérence apparente, il peut exister une logique plus subtile :

  • répondre à une attente

  • prouver quelque chose

  • tenir une place

Le rôle du regard dans l’entreprise

Dans toute organisation, il existe des regards qui comptent :

  • celui d’un manager

  • d’un référent

  • d’une hiérarchie

  • ou même d’un collectif

Ces regards ne sont pas toujours explicites.
Mais ils produisent des effets observables, ils peuvent :

  • valoriser

  • assigner

  • orienter

Cela participe à donner du sens à ce que l’on est et ce que l’on fait, en structurant durablement une trajectoire.

Se construire en réponse (à une assignation symbolique du regard)

Une partie de l’engagement professionnel peut se comprendre comme une réponse à une :

  • exigence implicite

  • image que l’on veut corriger

  • place dans laquelle on a été installé

Ce mouvement est souvent efficace car il produit :

  • de la performance

  • de la rigueur

  • de la progression

Ce mouvement repose sur un point central : il est adressé à quelqu’un.

Quand quelque chose change

Tout cela semble stable, mais quand il se produit un événement :

  • un changement de management

  • une réorganisation

  • une rupture de parcours

  • un arrêt

Ce qui orientait jusque-là devient moins évident.

La direction reste, mais son moteur devient moins clair.

Une question rarement posée

Dans ces moments, une question apparaît, souvent en arrière-plan : « pour qui, ou pour quoi, ce parcours est-il construit ? »

Cette question n’est pas toujours accessible immédiatement. En effet, elle peut parfois s’exprimer par des symptômes que la psychanalyse, notamment chez Freud & Lacan, permet d’éclairer.

Dans une organisation elle peut produire :

  • une perte de sens

  • un désengagement progressif

  • ou au contraire, un besoin de redéfinition

Un déplacement possible

Prendre en compte cette dimension ne signifie pas remettre en cause une trajectoire.

Cela permet un déplacement en continuant autrement. Non plus uniquement en réponse mais à partir d’un choix éclairé issu d’un travail sur soi.

Conclusion

Les trajectoires professionnelles ne sont pas uniquement le résultat de décisions rationnelles.

Elles sont aussi traversées par des logiques plus anciennes, plus discrètes, parfois inconscientes.

Les identifier ne change pas ce qui a été construit.

Mais cela peut permettre de redonner une direction à ce qui vient ensuite.

Et peut-être, à un moment, de ne plus seulement répondre… mais de choisir !